Je pense qu’il…

 Je pense qu’il me trompe. Il ne rentre pas. Je ne sais pas ce qu’il fait, ce qu’il pense et où il est. C’est toujours la même chose. Il se fait tard et lorsque la porte s’ouvrira, il avancera vers moi sourire aux lèvres et m’embrassera en vitesse. Alors, je le regarderai et lui demanderai comment s’est passé sa journée. Tout est routine, plus rien ne se passe.

Lorsque je décide d’en savoir plus, son regard se tourne, son sourire s’efface et je décèle parfois quelques larmes au bord de ses grands yeux noirs. Je ne veux pas le faire souffrir, je ne veux pas souffrir. Je me tais et vogue à mes occupations. Je ne dors plus. J’ai peur qu’elle appelle pendant mon sommeil, qu’elle lui parle d’une vie meilleure. J’ai peur qu’elle soit belle, qu’elle soit jeune, qu’elle soit simplement parfaite. Je deviens folle. J’en suis consciente. Je le sais.  Il m’arrive de sentir ses vêtements, d’humer les odeurs qui ont pu se poser sur lui. Je ne sens rien mais pourtant, je vois que quelque chose ne va pas.

Quand il n’est pas là, j’ai la nette impression qu’une ombre m’espionne. Qu’elle est là, présente à chaque instant et qu’elle m’interdit de l’aimer comme avant. Je ne sais pas si c’est moi ou si c’est la maison qui me joue un tour. Je ne comprends pas pourquoi tout cela arrive maintenant. Je porte en moi une par de lui qui chaque jour prend des forces. Il bouge et danse de plus en plus. Les douleurs ne font que s’accentuer. Je pleure en silence. Je crie en silence. Une mélodie amère s’échappe de la maison. Les oiseaux ont peur et s’en vont vers d’autres horizons. Je ne sors plus, je suis condamnée ; Condamnée à essayé d’aimer un homme qui ne m’aime plus, à sourire pour notre enfant et à faire comme si tout allait bien. J’écoute les battements de mon cœur qui de temps en temps ne sont plus perceptibles.

J’entends marcher devant la maison. C’est lui. Vient-il m’annoncer la nouvelle ? Combien de temps dois-je encore attendre ? Vient-il pour repartir ?

La clef tourne dans la serrure avec douceur. C’est sa jambe droite que j’aperçois la première. Je remonte lentement jusqu’à ces lèvres. Je ne décèle rien. Elles ne sont pas mouillées ; il n’y a aucun rouge à lèvre posé sur elles. Dois-je en conclure qu’il ne me trompe pas ? Illusion. Je m’avance d’un pas lent vers lui en souriant et comme prévu, il me sourit à son tour et me dit :

« Comment vas-tu ? »

«  Bien et toi ? Et ta journée ? »

« Bien aussi. Oh, ma journée était belle, comme d’habitude. »

« Comme d’habitude »? Il faut croire qu’on ne vit pas la même chose. Ses mots sortent avec tant de facilité que ma souffrance est un voile invisible face à ses yeux. Il ne me regarde plus.

Le dîner fut bref et sans paroles. Le bruit de l’horloge dominait la pièce et je regardais sa mâchoire faire des vas et viens à chaque bouchée. Le petit est là aussi. Je sais qu’il ressent tout ça. Il sait que papa sort beaucoup et que maman reste à la maison pour ne pas tomber malade. Il connait tous les secrets que mon être tout entier possède et garde caché. Il n’y a rien à faire, le malaise est le quatrième personnage de notre quotidien. Il est là, présent et guette les faits et gestes. Il ne sait quoi dire, quoi faire, par peur d’être jugé. Je décide alors de couper ce silence :

«  Je monte me doucher. Tu peux laisser la vaisselle, je la ferai demain. »

« Ok. Merci pour le dîner. C’est très bon. »

« De rien. »

L’eau chaude caresse ma peau et bientôt je sens les larmes qui se mélangent à elle. Je tremble de plus en plus et le bébé s’amuse. Je ferme les yeux et je vois tout défiler d’un seul trait devant moi : notre première rencontre, notre premier diner, notre premier anniversaire,… Je ne comprends pas. Ça ne devait pas se passer comme ça. Tout allait bien jusqu’au jour ou il a décidé de tout changer, de tout bousculer. Est-ce la peur de devenir père qui le ronge à ce point ? Est-ce moi ? Mes questions resteront sans réponses. Je ne veux pas souffrir… Je ne veux pas souffrir.

J’entends parler dans le couloir. C’est lui.

«  Oui. Je serai à toi jusqu’à la fin. Jamais je ne t’abandonnerai. Lorsque je te vois, je comprends tout de suite l’importance de t’avoir dans ma vie. Je pense à toi… »

Je sens mon cœur battre à vive allure et mes jambes fléchir. Mes larmes ne s’arrêtent pas. Je ne peux pas couper l’eau,  je ne peux pas sortir. Pas maintenant. Il saurait que je sais. Il comprendrait. Ma tête ne me répond pourtant plus. Je la sens lourde et froide malgré l’eau chaude qui ne cesse de la toucher. J’ai mal mais il ne s’arrête pas.

« Demain, je viendrai te voir. Ne doute pas de moi. Je peux te donner plus que ça. J’ai tant de choses à dire et à faire partager. »

Je sors doucement de la salle de bain et m’avance vers cette voix qui aime. Il se tient là, debout dans le couloir, seul. Il n’a ni téléphone, ni accessoires. Il parle seul, le regard dans le vide et le teint pâle. Je le touche. Il recule. Je l’entends marmonner des mots inaudibles. Je tente encore une approche, mais rien.

« A qui parlais-tu ? Est-ce que tout va bien ? »

« A personne. Tu ne sais rien. Tu ne comprends rien. Elle seule peut m’aider à ne pas souffrir, à ne pas pleurer tout les soirs. Mais, c’est pour toi que je fais ça tu sais. Oh oui ! Ne me reproche pas tout ça. Ne dis surtout pas que tu souffres. Laisse-moi quelques minutes seules. S’il te plait. »

Je m’en vais tête baissée sans rien comprendre. Je jette un dernier coup d’œil derrière moi

et soudain, j’aperçois comme une tâche rouge sur sa chemise. Qu’est-ce donc ? Une tache de vin qu’il aurait par mégarde renversée en sa compagnie ?

Couchée dans ce grand lit, je me laisse envahir par le silence. Je regarde par la fenêtre et je compte les étoiles. Je l’entends marcher dans ce même couloir sans parler. Il hésite à me rejoindre. Dois-je me taire à son entrée ? Dois-je accepter qu’il me touche comme si de rien n’était ? Je ne peux tout casser. Je ne peux pas craquer. Pas maintenant.

Une heure s’est écoulée. J’entends ses pas se rapprocher de plus en plus de moi. Je n’ose me retourner. Je n’ose le regarder. J’imagine son visage pâle, son sourire figé et son regard glacial. J’imagine son touché fragile se poser sur mon corps et ses paroles amères. Il tousse et se plonge avec douceur dans les draps.

« Je suis désolé. »

« Ce n’est rien. »

« Tu sais, je ne t’ai pas menti. Je fais tout ça pour toi, pour nous. »

« Pour… nous… »

Quelques minutes plus tard, il n’était plus là. Il avait déjà rejoins sa belle. Il l’aimait comme il ne m’avait jamais aimé. Il avait le sommeil facile malgré tout ce qui se passait et respirait le bonheur. Pour nous, rien que ça.

J’en ai marre de compter les étoiles. Il y en a beaucoup et je ne les trouve plus si belle. Elles aussi se sentent trahies. Elles ont mal et ne brillent plus. Le fond noir qui les supporte domine leurs humeurs et me contamine. Tout est moche. Je revoie soudain cette tâche rouge sur sa chemise. J’ai besoin de savoir…

Je me lève doucement et me dirige vers la buanderie. Il l’a surement planqué quelque part. Je ne dormirai pas sans savoir ce que c’est. Je fouille et j’étale tout à même le sol. Il n’y avait rien. Mais je n’ai pourtant pas rêvé. Je le sais. Elle était là.

Tout à coup, j’aperçois derrière la machine à laver un tissu dépasser. Je m’approche avec espoir et je la vois. Elle est là. Je tends ma main et je parviens avec difficulté à m’emparer de cette chemise. Je l’observe longtemps sans oser  toucher ce que j’étais venue chercher. J’ai envie de savoir et en même temps, j’ai peur de la confirmation qui me hante déjà depuis quelques semaines déjà.

Je me décide enfin, à approcher mon nez de celle-ci. Il n’était pas bête. Il avait déjà essayé de faire partir la tâche sans réel succès. Un mélange d’eau de javel et de… sang s’en échappait. Du sang ? La peur s’empara de moi et mon corps tout entier resta bloqué sur place. La douleur se débattait avec force et rage. Elle voulait sortir de cette bouche que je laissais fermé. Je brulais de l’intérieur.

« Pour nous… »

Le soleil se lève et j’entends ses pas au dessus de moi. La salle de bain. Il se lave. Je suis restée là toute la nuit à observer cette chemise. Je dois y aller, il ne doit pas me trouver ici. Je me lève doucement et comme si c’était normal, je pose celle-ci là où je l’ai trouvé, derrière la machine.

L’odeur du café et du pain chaud rendait l’humeur plus facile. J’avais faim et lui aussi. Nous mangeâmes ensemble sans parler, sans se regarder. Les questions se bousculaient dans ma tête et mes lèvres ne cédaient toujours pas. J’avais pourtant besoin de savoir. Mais, pas maintenant… Pas cette fois. Je lève ma tête un instant et je le vois me lorgner du coin de son œil. Je reste bloquée. Je rougis. Il le voit.

«  Tu as bien dormi ? »

«  Ça peut aller. Et toi ? »

« Paisiblement. J’ai rêvé de beaucoup de choses. J’ai vu défiler devant moi tant de choses, si tu savais… »

« Dis-moi tout. J’aimerai partager tout ça avec toi. »

« Non. Tu te moquerais de moi. Tu ne comprendrais pas. Je ne veux pas. »

Et le silence reprit sa place. Pourquoi ne puis-je rien comprendre à ses yeux ? Pourquoi m’a-t-il aimé ? Il ne fait aucun effort. C’est comme s’il se laissait aller. Il attend surement que je craque, que je prenne mes valises et que je l’insulte de toutes mes forces. Il attend que ça soit moi. Je le lis dans son regard. Il ne dit rien l mais j’arrive à traduire ses gestes, ses attitudes, ses regards.

Il repousse la chaise et se lève dans un mouvement brusque. Il a l’air pressé. Je lui lance un regard pleins d’interrogations et il me dit :

« Je dois y aller. Je commence plus tôt. Ce soir j’ai une réunion, ne m’attend pas. Merci pour ce déjeuner, grâce à toi, j’ai toutes mes forces ».

« Merci… C’est tout ce que tu as à dire ? »

« Excuse-moi, qu’est-ce que tu à dis ? »

« Rien. Rien du tout »

Et il partit sans attendre. La maison n’était plus aussi belle. Aujourd’hui je suis seule, assise sur cette table familiale. Je plonge mes yeux dans son assiette et je remarque qu’il n’avait presque rien mangé. Son café était à peine entamé et il ose me dire merci. Il ment comme il respire.

A mon tour, je me lève. J’ai tout mon temps et beaucoup de choses à faire : du linge à trier, à laver, à ranger… Plus rien n’occupe mes journées. La vie ne m’aime plus, elle ne me veut plus. Pourtant, je dois être forte. Pour nous.

Mon regard se pose sur cet arbre dans le jardin qui auparavant nous abritait lorsque le soleil touchait nos peaux. Il n’avait pas changé. Ces branches étaient toujours solides et Les oiseaux volaient de plus en plus haut dans le ciel. Il neige, il fait froid.

Je commence par la vaisselle avant de me concentrer sur le linge. Je n’aime pas faire la vaisselle. Je n’aime pas laver, je préfère essuyer. Il est tout le contraire de moi. Je n’ai plus rien à lui dire, plus rien à lui demander. Je ne sais pas comment j’ai fais jusqu’ici.

La solitude, le silence et l’individualisme tapissent les murs de la maison. Il fait lourd, chaud et humide. Plus rien ne brille. Tout est fade.

Les heures passent et je n’ai toujours pas de nouvelles de lui. Que fait-il ? Où est-il ? Mon cœur ne cesse de battre à toute vitesse et mes mouvements ne m’obéissent plus. Je suis allongée sur le canapé, de tout mon long, les yeux fermés. Je pense. Comment ai-je fais pour ne pas sentir un parfum étranger sur ce corps qui me manque tant ? Il est avec elle. Je le sais. Je le sens. Il lui caresse peut-être les hanches. Il lui dit des mots d’amours comme il le faisait avec moi autrefois… Ils se baladent peut-être quelque part, dans un parc…

Il faut que je sorte, que je fasse un tour, que je prenne mon vélo et que je parcours de nouvelles routes. J’aimerai partir  loin d’ici, loin du monde. Etre seul avec celui qui m’habite. Lui raconter des histoires du matin au soir et dormir en plein air dans un champ, sous les étoiles qui nous protégeraient. Il ne manquerait de rien. Il m’aimerait pour toujours. Mon bébé. J’imiterai pour lui, comme un être puéril, la voix d’un homme qui m’a auparavant aimé. Je lui chanterai les plus belles chansons et danseraient avec le vent…

Je monte les escaliers comme un automate et traverse péniblement ce couloir qui lui a servi de déclaration d’amour. J’avance comme un homme qui vit ses derniers instants. La porte de ma chambre m’observe en silence et attend que je la touche. Je n’ose pas, je n’y arrive pas. Cette tâche rouge me hante. Ce sang me préoccupe. Je reste bloquée.

Après quelques minutes, ma main se lève et décide de briser ce face à face oppressant. La porte  m’obéit et s’écarte doucement pour laisser apparaitre un décor sombre et sinistre. Les rideaux ne sont pas tirés et une odeur insupportable voyage dans la pièce. Je ne comprends pas : les vêtements sont éparpillés  comme s’il c’était véritablement passé quelque chose ici la veille. Je n’ai pourtant rien entendu. Il était seul, déjà loin de moi.

Je prends le temps de respirer et me lance presque directement dans un rangement qui me semble déjà être sans fin. Je tire les rideaux et ouvre la fenêtre pour laisser entrer le soleil. Il attendait là haut, dans le ciel. Dans une rage soudaine, je déplace les vêtements qui se trouvent sur le lit et les balance quelque part dans la pièce. Cette fois-ci, je pleure à haute voix. J’ose crier toute la rage qui m’habite depuis si longtemps. Je sens que le bébé ne va pas bien. Il a peur comme moi. Il en a marre comme moi.

Au bas du mur, près de la porte, sa veste bleue  était allongée sur le sol froissée. Elle me rappelait tant de souvenirs, tant de moment vécut ensemble hier encore. J’ai l’impression que le temps m’échappe et qu’elle me laisse, seule, dans un flou total. J’ai l’impression de n’être importante pour personne et de me laisser mourir à petit feu  tout les jours. Cette envie de partir, de respirer comme avant et de ne plus pleurer. Je sers cette veste contre moi et dans un dernier espoir de revivre cette époque perdue, je la touche et la retourne dans tout les sens possibles pour ne rien oublier et me rappeler de tout…

Soudain, une enveloppe rose tomba de sa poche et vint se poser près de ma jambe. Le dessin d’une mère et d’un enfant dominait la partie centrale de celle-ci. Ils étaient beaux l’un et l’autre. J’ai peur de lire. J’ai peur d’apprendre. J’ai peur que ce soit elle et que ce soit peut-être le fruit de leur union. Combien de temps dois-je encore rester dans cet état ? Pourquoi me fait-il ça à moi ? Pourquoi « nous » ? Dans un élan, mes doigts s’exécutent et ma raison ne m’obéit plus. Ils l’ouvrent :

«  Mon amour,

 

Si tu lis cette lettre c’est que tu as craqué. Tu as enfin compris que quelque chose n’allait pas. Que je n’allais pas bien, que je n’y arrivais plus. Tu as compris à quel point je t’aime et à quel point tu me manques. Tu sais presque tout. Elle est belle tu sais. Elle est grande et elle m’aime. Je sais que tu l’aimeras aussi et qu’elle t’aidera lorsque je ne serai plus là. Je sais qu’elle sera là pour toi, pour le bébé et pour nous. Oui, « pour nous » : n’oublie pas ces deux mots. Elle te respecte comme je la respecte. Chaque soir, dans mes rêves je pense à elle, à ce que je vais pouvoir lui dire le lendemain sur toi, sur moi, sur nous. Je parle intérieurement en ta présence pour ne pas que tu entendes. Je me donne à elle, tous les jours et parfois je l’appelle dans mes rêves. Ne pleure pas, arrête. Tu as été forte jusqu’ici…ne lâche pas. Il sera fort comme toi et beau comme moi tu sais. Je n’en doute pas. Tu lui liras toutes les belles histoires possibles et tu lui parleras de moi. Tu lui montreras la plus belle photo de moi (il le faut, s’il te plait) pour qu’il puisse avoir un exemple. J’ai honte tu sais … J’ai honte de vous abandonner tout les jours et de m’offrir à elle. Mais, je n’ai pas le choix. Oublie tout ce mal que je t’ai fais car bientôt tu comprendras. Viens à moi dès que tu auras lu ces mots… Voici l’adresse : Rue de l’espoir n°3, 1000 Bruxelles ».

 

Pendant un instant, elle resta là, figée. Elle ne savait quel comportement adopter… Elle ne savait quoi penser, quoi faire. « Rue de l’espoir » : était-ce un signe qu’il lui adressait pour lui faire comprendre que tout allait bien et qu’elle ne souffrirait plus comme il ose si bien le dire ? Et, ce  « n°3 » correspond-t-il à la famille  que nous allons construire ?

Elle prit sa voiture et s’y installa rapidement. Sur le siège passager, on pouvait y voir la lettre posée avec soin. Elle la regardait de temps en temps pour se convaincre qu’elle ne rêvait pas. Le GPS donna ses instructions et au bout d’une heure, elle se retrouva devant une immense et belle maison couleur beige. Elle sortit doucement de son véhicule et avance avec hésitation jusqu’au bat de la porte déjà ouverte comme si quelqu’un l’attendait…

Les pièces de la maison étaient vides. Sur les murs, les plus grand poètes et écrivains étaient encadrés dans des tableaux aux contours remarquables, exposés à la vue de tous. Elle n’osait faire du bruit par peur de réveiller quelque chose… Un escalier en colimaçon attira son attention : elle s’y précipita et monta les marches un à un. Arrivée au sommet, elle s’avance vers une autre porte à moitié ouverte et la poussa doucement.

Son mari était là, il l’attendait, couché sur un lit dominé par des draps d’un blanc éclatant. Ses yeux étaient fermés et son teint pâle avait pris possession de tout son corps. Elle s’approcha et l’embrassa tendrement sur ses lèvres. Un silence inquiétant dominait la pièce. Elle se coucha près de lui et commença son récit : elle lui avoua ses inquiétudes et ses doutes. Elle lui raconta comment elle avait trouvé sa lettre et que celle-ci lui avait fait plaisir. Elle ne cessa de répéter qu’elle était là et qu’après ce moment, tout redeviendrait comme avant. Elle attendit une réponse de sa part pendant quelques minutes mais rien ne sortit de cette bouche qu’elle aimait tant. Elle son corps secoua de toutes ses forces mais rien ne se passa. Il ne bougeait pas.

Soudain, elle vit qu’une autre enveloppe rose était posée près de son oreiller. Elle tendit la main, l’attrapa et l’ouvrit avec douceur :

«  Mon amour,

 

Tu es là. Je suis désolé d’être parti comme ça sans avoir eu le temps de tout te dire de ma propre voix. Tu trouveras en dessous du lit une pile de papiers qui te sont adressés. Je veux que tu les lises attentivement et que tu les lui lises quand il sera plus grand. Il y a quelques mois avant l’arrivé de notre bébé, j’ai appris que j’étais atteins d’un cancer des poumons à un stade avancé. Après ce jour, je n’ai su me comporter convenablement avec toi. Je m’en voulais et je m’en veux encore de te faire souffrir comme je le fais à l’instant. J’imagine déjà tes grands yeux noyés dans des larmes causés par ma maladresse. Pendant tout ce temps, je me suis donnée à une autre femme. Une femme qui ne m’a pas jugé. Elle était là, matin et soir présente dans mes pensées. Avec elle, je n’avais pas peur de décevoir, de faire mal, de pleurer. Avec elle, je fus l’homme qui devait faire partit de ta vie comme il était prévu. J’aime déjà cette enfant qui est en toi. Et, je t’aime. Les mots me manquent. Je sens que je ne suis plus… Que mon âme s’en va… Ne lui en veux pas. Elle est belle. Elle sera là pour toi… Elle me l’a promis. Ne pleure pas mon amour… Je te demande de faire un dernier effort pour moi ; si tu m’aimes. Sors et dirige toi dans la pièce d’à côté ; elle t’attend…

 

Ps : n’oublie pas, sous le lit. »

 

Ses mains n’obéissaient plus. La lettre tomba de celles-ci sans qu’elle ne puisse réagir. Elle se leva doucement et se dirigea vers cette autre pièce. Là, la porte n’était pas ouverte. Alors, Elle abaissa la poignée dans un effort maladroit et entra. Au centre de la pièce, une petite table l’attendait. Elle marcha jusqu’à elle et vu sur celle-ci un livre : « L’écriture ». Sur celui-ci, une troisième enveloppe était posée :

« C’est elle mon amour.

 

Elle sera là, à jamais pour toi comme elle l’a été pour moi.

Cette maison est à toi… Je t’en fais cadeau : « Rue de l’Espoir, n° 3 ». Car, l’espoir doit diriger ton cœur et guider la vie qui est en toi présente en toi. « 3 » : car je ne serai jamais très loin et que Je vous vois.

 

Je vous aime ».

 

 

 

 

 

– Image : Ici

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