En masse, d’un coup.

«  Participez à la plus grande pièce jamais organisé » : Waw. Cet appel fut la plus merveilleuse et la plus spéciale que nos oreilles n’aient jamais entendue. De quoi je parle ? De qui je parle ? Mais de vous voyons ! Je m’en rappelle comme si c’était hier et je chante encore cette phrase souvent dans les rues que j’emprunte chaque jour. Je me rappelle de vos cheveux : Long, court, mi-long, crépus et soyeux ; de vos têtes apeurées devant cette file importante qui se tenait devant vous. Tous l’monde avaient entendu l’appel qui s’était échappé de cette camionnette et qui parcourait les villages et le monde pour prêcher cette bonne nouvelle. J’étais dans cette file à vous observer répéter vos rôles les uns après les autres. J’étais là, muette comme une tombe, presque morte de peur. Je ne savais que faire, que jouer devant ces juges qui s’imposaient devant nous. J’ai tout vu : des hommes d’affaires, des esclaves, des présidents, des artistes en tout genre,… Des métiers qui se succédaient devant moi. Muette j’ai dis ? Morte aurait suffit à exprimer l’état mon esprit. La veille, j’ai tout donné devant mon miroir comme une adolescente de 15 ans en manque d’amour. J’ai essayé des rôles en voici en voilà et je les ai tous raté. Et me voilà, auprès de vous, sans rôle, sans couverture. Triste vie ! Lorsque j’entendis « Gloria » dans le micro, j’ai vite compris que mon tour avait sonné… Que je devais trouver ma place aussi, dans cette grande pièce qui devait être monté pour toute une vie ! J’me suis pointée pieds nu sur la scène, les yeux fermés : Oui, la nudité et la pénombre permettent de mieux sentir les choses. Et voilà qu’ils me posèrent des questions. Dans un tourbillon je me suis mise à parler sans aucune hésitation. De quoi ? Mais de tout voyons ! Capturer le tout, voilà ce que j’voulais. Un homme fossile dans le jury me demanda  dans un aplomb infaillible et grave d’où je venais. « Je viens, je viens… »  Et voilà que mes jambes ne me répondaient plus… Que dans un mouvement étrange ma personne toute entière s’était installée en plein milieu de la scène. « Je viens de la terre, du monde, du tout ». Hébétés, ils me regardèrent tous d’un regard remplit de colère. Ils ont ris dans la file vous savez, tous autant qu’ils étaient et certains dans leur rôle ont eu la force de crier : « Dehors ! ». J’ai vu les regards se croiser devant moi et j’ai pu lire sur des lèvres sèches le mot Blasphème et injure. J’en avais finis de toute façon, j’avais tout dis.

J’ai attendu dans cette salle les résultats. Qu’allais-je donc jouer ?

Une heure, deux heures, trois… quatre…

Et le micro résonna dans toute la pièce : Hélène : secrétaire ; Jean : policier… Gloria : La forcenée…

« Niez donc l’idéal, la grâce et la beauté. Construisons cette pièce ».

 

– Image : Ici

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