Confusion

Je suis sans être.

Il y a longtemps que je ne vis plus physiquement. J’ai la nette impression d’appartenir à un monde complètement à part, un monde étranger à mes envies et à mes besoins. Je respire, je saute, je marche car la règle collective s’impose à moi. J’essaye de m’adapter jour après jour mais il y a toujours cette voix intérieure, cette force qui survient de je ne sais où qui me ramène à une réalité différente. Ma réalité. Du matin au soir j’observe le monde, les hommes et les femmes qui m’entourent et qui composent cette société. J’analyse leurs vêtements, je remarque les mouvements de certains corps instables et les lèvres qui ne cessent de faire des vas et viens et ça m’inspire. C’est vrai, les choses qui semblent être inutiles aujourd’hui se pavanent dans mon esprit avec élégance et me parlent. Le tout me parle et, comme si je ne pouvais contrôler mon corps, mes doigts guident les plumes et les feuilles se laissent toucher. Je souffre d’une maladie qui pourtant ne me déplait.

Le matin, lorsque mes yeux s’ouvrent, je regarde le ciel et je devine l’humeur du temps. Cet homme incroyable qui porte dans sa main la fameuse baguette magique. Il décide de tout sous cette cape colorée. Des couleurs joyeuses et tristes à la fois ; comme ce qu’il nous propose un petit peu chaque jours. Lorsqu’il a bien dormi au côté peut-être d’une belle créature rencontrée dans l’au-delà, il se réveille le sourire aux lèvres et le monde s’éclaire, brille de mille feux. Là, les hommes ne se sentent plus ; comme s’ils avaient eux aussi assisté à cette scène immense, à cette nuit romantique, peut-être même érotique. Je ne sais pas. Et, lorsqu’il ne nous comprend plus, lorsqu’il décide de pleurer et cela peut prendre hélas des jours, il ne prend pas le temps de toujours nous avertir. Ses sautes d’humeurs, nous en avons tous l’habitude maintenant. C’est vrai. Mais n’est-ce pas là la beauté ? N’est-ce pas dans ces hasards, ces surprises que nous prenons goût à la vie elle-même ? Car sans le soleil nous ne pourrions voir les abeilles voler, les fleurs s’ouvrir et les oiseaux chanter. Sans la pluie, nous ne pourrions peut-être pas passé autant de temps auprès de nos proches, dans une maison ou simplement, comme un enfant, prendre son élan et sauter dans une immense flaque d’eau. Sans la neige, sans cette couverture blanche, nous ne pourrions goûter au bonheur d’ouvrir des cadeaux, d’avaler quelques flocons qui tombent délicatement sur nos visages…

Ces petites choses font de moi un être peut-être à part. Je ne sais pas et au fond, ça fait déjà bien longtemps que je ne cherche plus à savoir. Je ne cherche plus à comprendre le pourquoi du comment des réflexions qui peuvent tourner autour de ma personne. Je ne me comprends pas toujours et me surprends parfois moi-même à penser ou à écrire sur des sujets, des thèmes anodins. Pourtant, lorsque cette « folie » passagère prend fin, j’éprouve cette joie de me dire : « J’ai écris ce qui me passait par la tête. J’ai osé dire ce que ma tête, mon corps, mon esprit pense tout bas lorsque je ne parle… Tant mieux ».

Avec tout ce qui se passe, je me dois de dire merci à l’écriture. Elle me maintient en vie et quelque part, je vis pour elle. Cette force qu’elle me procure, cette sensation de quitter ce quotidien malheureusement souvent pénible (pour moi), cette envie de crier haut et fort ce que les gens pensent tout bas… C’est magique. Je ne peux le nier, je ne peux le cacher. Je vis dans un monde où la lumière ne touche qu’une partie du globe. Où certains hommes sont condamnés à vivre pour mourir tôt sans goûter au bonheur de la vie. La Vie. Voilà trois lettres qui forment un mot unique mais qui pourtant n’ont pas le même goût dans la bouche de tous. Il y a des règles universelles, des définitions et formules partagées par tous… Mais, certains mots essentiels ne peuvent se résumer en une seule signification. La vie est un éternel combat. C’est une lutte contre  le monde et ses composants qui nous sont nocifs. Il ne suffit pas de respirer, de parler, de savoir rire avec les autres… C’est bien plus que çela…

 

 

 

– Image : ici.

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